SANTÉ / « Du poison dans votre café » : ce que révèle un rapport choc sur une industrie sous pression.
Derrière l’arôme réconfortant du café du matin se cache une réalité bien moins savoureuse. Dans un rapport publié dimanche 21 juin 2026, l’ONG « Coffee Watch » tire la sonnette d’alarme : la production mondiale de café repose massivement sur l’usage de pesticides, avec des conséquences préoccupantes pour la santé humaine et l’environnement.
Derrière l’arôme réconfortant du café du matin se cache une réalité bien moins savoureuse. Dans un rapport publié dimanche 21 juin 2026, l’ONG « Coffee Watch » tire la sonnette d’alarme : la production mondiale de café repose massivement sur l’usage de pesticides, avec des conséquences préoccupantes pour la santé humaine et l’environnement.
Intitulée « Poison in your coffee », l’étude compile des centaines de travaux scientifiques et avance un chiffre qui interpelle : une tasse de café sur cinq contiendrait des résidus de pesticides. Mais pour Coffee Watch, le véritable drame se joue ailleurs. « Les travailleurs sont empoisonnés », alerte Etelle Higonnet, l’une de ses autrices.
Dans les principaux pays producteurs, le recours aux substances chimiques est massif. Pas moins de 159 pesticides sont autorisés dans la culture du café, dont certains classés cancérogènes, neurotoxiques ou toxiques pour la reproduction. Plus frappant encore : près de 60 % de ces produits sont interdits en Europe, jugés trop dangereux.
Le rapport cite notamment le chlorpyrifos, banni depuis 2020 dans l’Union européenne pour ses effets sur le développement neurologique, ou encore l’imidaclopride, redouté pour son impact sur les pollinisateurs. Pourtant, ces substances continuent d’être utilisées ailleurs, souvent sans protection adéquate.
Sur le terrain, les conditions de travail sont alarmantes. En République dominicaine, 87 % des producteurs déclarent ne porter ni gants ni masque lors de l’épandage. En Inde, les deux tiers des travailleurs n’utilisent aucune protection. Résultat : nausées, vertiges, troubles respiratoires, et, à long terme, des pathologies graves comme certains cancers, la maladie de Parkinson ou des troubles de la fertilité.
Le problème ne s’arrête pas aux plantations. Entre 2020 et 2024, les pesticides ont été la principale source d’alerte sanitaire sur le café en Europe. Selon PAN Europe, 23 % des échantillons analysés contenaient même des substances interdites. Un « cocktail chimique » dont les effets cumulés restent encore mal connus.
Face à ces révélations, les labels et certifications peinent à rassurer. « Un café certifié ne signifie pas qu’il est sans pesticides », rappelle Etelle Higonnet, pointant un manque de lisibilité pour les consommateurs. Pourtant, des alternatives existent. Agroforesterie, pratiques biologiques, modèles durables : les solutions sont connues et éprouvées. Reste une question essentielle : l’industrie du café est-elle prête à changer ? Car au fond, derrière chaque gorgée, ce n’est plus seulement une question de goût, mais de conscience.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



0 Commentaire(s)