SANTÉ / Est de la RDC : Ebola frappe à nouveau l’Ituri, une alerte sous haute tension.

SANTÉ / Est de la RDC : Ebola frappe à nouveau l’Ituri, une alerte sous haute tension.

Une nouvelle flambée d’Ebola replonge l’est de la République démocratique du Congo dans l’urgence sanitaire. Dans la nuit du vendredi 15 mai 2026, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), depuis Addis-Abeba en Ethiopie, a confirmé l’apparition de l’épidémie dans la province de l’Ituri, déjà fragilisée par l’insécurité.


Une nouvelle flambée d’Ebola replonge l’est de la République démocratique du Congo dans l’urgence sanitaire. Dans la nuit du vendredi 15 mai 2026, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), depuis Addis-Abeba en Ethiopie, a confirmé l’apparition de l’épidémie dans la province de l’Ituri, déjà fragilisée par l’insécurité.

Les chiffres donnent le vertige : entre 246 et 350 cas suspects recensés, et un bilan oscillant désormais autour de 80 à 91 décès. Sur les premiers échantillons analysés à Kinshasa la capitale congolaise, plusieurs cas ont été confirmés positifs, attestant d’une propagation bien réelle. Les zones de Mongwalu et Rwampara concentrent l’essentiel des contaminations, dans un contexte marqué par des déplacements massifs liés à l’activité minière.

Plus inquiétant encore, la souche identifiée, Bundibugyo, ne dispose ni de vaccin ni de traitement spécifique. Une contrainte majeure qui complique la riposte, alors que des cas ont déjà franchi les frontières, notamment vers l’Ouganda, et jusqu’à Goma. Sur le terrain, le manque d’équipements, la peur, et certaines croyances retardent la prise en charge. 

Autre défi de taille : les symptômes initiaux, proches de la grippe ou du paludisme, retardent le diagnostic. Dans certaines communautés, la maladie a d’abord été interprétée comme mystique, orientant les malades vers des centres de prière plutôt que vers des structures de santé, favorisant ainsi la transmission. Face à l’urgence, une réunion de coordination de haut niveau a été annoncée entre la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud pour renforcer la surveillance transfrontalière. Mais sur le terrain, chaque heure perdue coûte déjà des vies.

Déjà meurtrie par de précédentes épidémies, dont celle de 2018-2020 ayant fait près de 2.300 morts, la RDC affronte aujourd’hui sa 17e flambée d’Ebola. Une épidémie qui pourrait rapidement entrer dans l’histoire comme l’une des plus préoccupantes, en raison de sa nature, de son contexte et de ses inconnues. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché à cet effet son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, redoutant une propagation rapide dans cette région instable.

La Maladie à virus Ebola est une maladie virale grave qui provoque souvent une forte fièvre, des vomissements, des diarrhées, des douleurs musculaires et parfois des saignements internes ou externes. Elle est causée par le virus Ebola, transmis à l’être humain par des animaux infectés puis d’une personne à une autre par contact direct avec les liquides corporels contaminés. Entre virus mortel et tensions sécuritaires, l’Ituri avance sur une ligne de crête. Et face à Ebola, chaque minute perdue peut coûter des vies.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN