SANTÉ / France : À Lyon, le sommet « One Health » sonne l’alerte mondiale sans feuille de route claire.

SANTÉ / France : À Lyon, le sommet « One Health » sonne l’alerte mondiale sans feuille de route claire.

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la ville de Lyon a accueilli du 5 au 7 avril 2026 un sommet inédit consacré à l’approche « One Health ».


À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la ville de Lyon a accueilli du 5 au 7 avril 2026 un sommet inédit consacré à l’approche « One Health ». Pendant trois jours, chefs d’État, scientifiques et acteurs de terrain ont tenté de transformer un concept désormais incontournable en actions concrètes. Résultat : une mobilisation historique mais encore en quête de cap.

Popularisée après la pandémie de COVID-19, l’approche One Health repose sur une idée simple mais puissante : la santé humaine, animale et environnementale ne font qu’un. À Lyon, plus de 600 scientifiques et une vingtaine de dirigeants ont planché sur les menaces globales qui émergent précisément de cette interconnexion.

Parmi les priorités mises en avant : la montée des maladies vectorielles comme la dengue et le chikungunya, l’explosion inquiétante de la résistance aux antimicrobiens, ou encore les impacts sanitaires de la pollution et des systèmes alimentaires défaillants. Un constat s’impose : la santé mondiale se joue désormais autant dans les hôpitaux que dans les écosystèmes.

En ouverture, le Président français Emmanuel Macron, a appelé à une coopération renforcée face à un monde fragmenté par les crises géopolitiques et les replis nationaux. Un message fort, mais qui contraste avec l’absence d’annonce phare à l’issue du sommet. Car malgré la richesse des échanges, aucun engagement structurant n’a véritablement émergé. Le sommet aura surtout permis d’imposer « One Health » comme une priorité politique globale, sans toutefois définir les moyens concrets pour y parvenir.

Un paradoxe, à l’heure où près de 20 % des décès en Europe sont liés à des facteurs environnementaux, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Entre dérèglement climatique, perte de biodiversité et nouvelles pandémies, l’urgence est pourtant bien réelle. Au fond, ce sommet marque peut-être moins un aboutissement qu’un point de bascule : celui où l’humanité prend enfin conscience que sa santé dépend directement de celle de la planète. Reste désormais à transformer cette prise de conscience en action. Car dans le monde de demain, ignorer ce lien pourrait bien être le plus grand risque sanitaire de tous.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN