TECHNOLOGIE / France - Maroc : Pegasus, révélations explosives au cœur d’une affaire d’État.
Cinq ans après le scandale Pegasus, l’affaire rebondit avec fracas. Une enquête publiée le 16 juillet 2026 par le consortium ''Forbidden Stories'', en collaboration avec Radio France, dévoile de nouvelles preuves accablantes sur l’utilisation du logiciel espion israélien par les services marocains.
Cinq ans après le scandale Pegasus, l’affaire rebondit avec fracas. Une enquête publiée le 16 juillet 2026 par le consortium ''Forbidden Stories'', en collaboration avec Radio France, dévoile de nouvelles preuves accablantes sur l’utilisation du logiciel espion israélien par les services marocains.
Au centre des révélations : le témoignage inédit d’un ancien agent de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), connu sous le pseudonyme de “Safir”. Il décrit une machine de surveillance redoutable, capable d’infiltrer téléphones et ordinateurs à distance, sans aucune action de la cible. Messages, appels, photos, tout devient accessible en quelques secondes.
Selon l’enquête, Pegasus aurait été introduit dès 2017, après des démonstrations menées à Rabat au Maroc, par la société NSO Group. Objectif : traquer journalistes, opposants et voix critiques. Parmi les cas emblématiques, celui du journaliste Omar Radi, placé sous surveillance intensive, son entourage également ciblé, jusque dans les moindres détails de sa vie privée.
Mais le scandale dépasse les frontières marocaines. Le Premier ministre français Sébastien Lecornu, ainsi que plusieurs ministres, auraient été visés. Le téléphone du président Emmanuel Macron figure lui aussi parmi les cibles potentielles. Des notes de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) évoquent même une utilisation continue du logiciel depuis 2017.
Plus troublant encore : la France aurait envisagé d’acquérir Pegasus entre 2019 et 2020, avant d’y renoncer pour des raisons de souveraineté et de réputation. Malgré les démentis répétés de Rabat, ces nouvelles révélations relancent une question brûlante : jusqu’où les États sont-ils prêts à aller au nom de la sécurité ? Car derrière la technologie, c’est une réalité inquiétante qui se dessine : à l’ère du numérique, la vie privée peut disparaître en un simple clic invisible.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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