TECHNOLOGIE / Numérique en Afrique : l’OIF et la BAD dégainent un plan massif pour former la jeunesse et booster l’emploi.
L’Afrique accélère sa révolution numérique et entend bien ne laisser personne sur le bord de la route. Face à une demande explosive en compétences digitales, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Banque africaine de développement (BAD) passent à l’offensive avec un programme ambitieux dédié à la formation et à l’entrepreneuriat.
L’Afrique accélère sa révolution numérique et entend bien ne laisser personne sur le bord de la route. Face à une demande explosive en compétences digitales, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Banque africaine de développement (BAD) passent à l’offensive avec un programme ambitieux dédié à la formation et à l’entrepreneuriat.
Selon la Société financière internationale (SFI), plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Un défi colossal, mais aussi une opportunité historique pour un continent jeune et en pleine mutation.
C’est dans ce contexte que, la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, et le président de la BAD, Sidi Ould Tah, ont officialisé mercredi 24 juin 2026, un partenariat stratégique visant à renforcer les capacités numériques des jeunes, avec une attention particulière portée aux femmes. Cinq pays en première ligne. La phase pilote du programme sera déployée au Bénin, au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et en République démocratique du Congo. Objectif : offrir à des milliers de jeunes, des compétences concrètes pour accéder à l’emploi ou créer leur propre activité.
Au menu : développement web et mobile, cybersécurité, intelligence artificielle, analyse de données. Des domaines à forte valeur ajoutée, où la demande dépasse largement l’offre actuelle. Mais le programme va plus loin qu’une simple formation. Il prévoit : des camps intensifs (bootcamps), des ateliers de prototypage, un accès à des incubateurs et accélérateurs, et surtout un accompagnement vers l’emploi ou l’auto-emploi.
Un levier contre les inégalités
Dans de nombreux pays francophones, le chômage et le sous-emploi des jeunes restent des défis majeurs. En ciblant prioritairement les jeunes et les femmes, ce programme ambitionne de réduire les inégalités d’accès aux opportunités numériques. L’OIF s’appuie ici sur son expérience, notamment avec le programme D-CLIC, qui a déjà permis d’accompagner près de 19 000 jeunes dans l’espace francophone.
Vers une transformation durable
Au-delà des formations, l’initiative repose sur une approche structurante : collaboration avec les gouvernements, les centres de formation et les acteurs locaux, pour garantir un impact durable. La phase pilote, prévue sur 12 à 24 mois, servira de test grandeur nature avant une possible extension à d’autres pays membres de la Francophonie. Une chose est sûre : dans la course mondiale au numérique, l’Afrique ne veut plus suivre, mais désormais compter.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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