Actualité africaine : Le Bénin et le Niger au bord de la rupture Diplomatique.

Actualité africaine : Le Bénin et le Niger au bord de la rupture Diplomatique.

Les relations entre le Bénin et le Niger connaissent un nouveau durcissement marqué par une série de mesures diplomatiques réciproques.


Les relations entre le Bénin et le Niger connaissent un nouveau durcissement marqué par une série de mesures diplomatiques réciproques. L’expulsion de diplomates de part et d’autre confirme l’enlisement des rapports entre les deux pays voisins et illustre un climat régional de plus en plus dominé par la défiance politique et l’instabilité. La crise s’est cristallisée autour de la décision des autorités béninoises de déclarer persona non grata deux agents de l’ambassade du Niger à Cotonou. Ces derniers ont quitté le territoire béninois le 1er janvier 2026.

En réaction, Niamey a ordonné l’expulsion du chargé d’affaires du Bénin et annoncé la suspension des activités de l’ambassade béninoise à compter du 5 janvier. Aucune justification officielle détaillée n’a été rendue publique. Selon plusieurs sources diplomatiques, ces décisions relèveraient d’une stricte logique de réciprocité, les autorités nigériennes considérant que leurs représentants exerçaient des fonctions jugées sensibles par Cotonou. Les relations bilatérales sont fragilisées depuis le coup d’État militaire de juillet 2023 au Niger, qui a renversé le président Mohamed Bazoum.

Depuis lors, le régime nigérien, engagé dans une orientation souverainiste et critique à l’égard des partenaires occidentaux, soupçonne régulièrement le Bénin de nourrir des intentions de déstabilisation. Des accusations fermement rejetées par les autorités béninoises. La méfiance s’est encore accentuée après l’annonce, début décembre 2025, du démantèlement d’une tentative de coup d’État au Bénin. Bien qu’aucune implication directe du Niger n’ait été évoquée, la piste d’influences extérieures a ravivé les soupçons. Parallèlement, Niamey resserre ses liens avec le Mali et le Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel, s’éloignant de la Communauté économique des

États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et accentuant les fractures avec les pays côtiers de la région. Au-delà du bras de fer diplomatique, cette nouvelle crise a des répercussions concrètes sur les populations. La réduction des services consulaires complique les démarches administratives et les déplacements, rappelant une fois de plus que les tensions politiques se traduisent directement dans la vie quotidienne des citoyens.

Texte : La plume de la Bagoué

Récit : Marie-Paule N’GUESSAN