Environnement / La justice nigériane déboute un monarque face au géant pétrolier Shell.
Nouveau revers judiciaire pour les défenseurs de l’environnement dans le delta du Niger. La Haute Cour fédérale de l’État de Bayelsa a rejeté vendredi 17 juillet 2026, le recours intenté par Bubaraye Dakolo, monarque du royaume d’Ekpetiama.
Nouveau revers judiciaire pour les défenseurs de l’environnement dans le delta du Niger. La Haute Cour fédérale de l’État de Bayelsa a rejeté vendredi 17 juillet 2026, le recours intenté par Bubaraye Dakolo, monarque du royaume d’Ekpetiama. Ce dernier demandait le blocage de la cession des actifs terrestres de Shell et exigeait que la major britannique répare au préalable les lourds dommages écologiques causés par des décennies d’exploitation.
Au cœur du litige figure le désengagement du géant pétrolier, engagé dans la vente de ses activités terrestres et en eaux peu profondes au consortium local Renaissance Africa Energy. Pour le souverain local, soutenu par des populations victimes de marées noires et de torchage de gaz dévastateurs pour la pêche et l’agriculture, ce départ s’apparente à une fuite devant ses responsabilités environnementales.
Cependant, le juge Ayo Emmanuel a qualifié la plainte de « prématurée et irrecevable », précisant que les faits de pollution reprochés étaient prescrits au regard du droit national. Le magistrat a souligné que ces demandes de réparation pour négligence ne relevaient pas d’une violation des droits fondamentaux. Si Shell s’est dit « satisfait » en rejetant la faute sur le sabotage et le raffinage clandestin, la défense du monarque a d’ores et déjà annoncé son intention d’aller jusqu’à la Cour suprême.
Cette décision survient alors qu’un rapport d’experts évaluait en 2023 à 12 milliards de dollars le coût du nettoyage écologique de la région de Bayelsa, berceau historique de la production pétrolière nigériane. Malgré ce désengagement terrestre contesté, Shell conserve un ancrage stratégique fort dans le pays, avec un projet gazier majeur de 20 milliards de dollars à l’étude.
Texte et récit : Silvère Bossiei



0 Commentaire(s)