TRANSPORT / Sécurité routière : le ministère des Transports au “corps-à-corps” avec les chauffeurs de la société ECOTI SA.
Dans un vaste hangar industriel à Yopougon, l’ambiance est studieuse. Gilets fluorescents sur le dos, des dizaines d’agents de collecte de déchets d’ECOTI SA écoutent attentivement les consignes sur la sécurité routière.
Dans un vaste hangar industriel à Yopougon, l’ambiance est studieuse. Gilets fluorescents sur le dos, des dizaines d’agents de collecte de déchets d’ECOTI SA écoutent attentivement les consignes sur la sécurité routière. Face à la recrudescence des accidents sur les routes ivoiriennes, le ministère des Transports et des Affaires maritimes a décidé de passer à l’action avec une opération de sensibilisation directe, qualifiée de « corps-à-corps » avec les conducteurs.
Organisé le mardi 10 mars 2026, cet atelier vise à changer les comportements sur la route, notamment chez les chauffeurs de camions d’ordures, dont les véhicules imposants peuvent devenir de véritables dangers lorsqu’ils sont mal entretenus ou mal conduits. Les chiffres donnent le ton. Depuis le début de l’année 2026, la Côte d’Ivoire a enregistré 519 accidents de la route, 164 morts et près de 2 000 blessés. Un bilan jugé alarmant par les autorités, qui multiplient désormais les actions de terrain pour inverser la tendance.
Devant les agents, Raphaël Irié Bi, expert à l’Office de sécurité routière (OSER), a rappelé une règle simple mais implacable : « La loi est impersonnelle ». Excès de vitesse, alcool au volant, absence de signalisation ou non-respect du port du casque pour les agents circulant à moto… Aucune tolérance ne sera désormais accordée. L’expert a insisté sur un point souvent négligé : le triangle de pré-signalisation. En cas de panne, son absence peut entraîner la mise immédiate du véhicule en fourrière. « Un camion mal signalé peut provoquer un sur-accident. Et là, les conséquences peuvent être dramatiques », a-t-il averti.
Avec près de 300 camions sillonnant quotidiennement les communes d’Abobo, Yopougon ou encore le Plateau, la direction d’ECOTI SA se sait particulièrement observée. Le Directeur général adjoint, Hilaire Assey, a reconnu que le défi est réel. Il assure toutefois que l’entreprise dispose déjà d’un système de surveillance GPS fonctionnant 24h/24 pour contrôler les déplacements et la vitesse de ses engins.
Mais sur le terrain, certaines habitudes restent à corriger : camions non bâchés, signalisation insuffisante lors des opérations de balayage ou encore utilisation irrégulière des cônes de sécurité. « Les équipements existent, mais leur utilisation doit être améliorée », admet le responsable. Alors que la vidéo-verbalisation s’étend désormais à de nouvelles infractions comme la conduite à contresens, cet atelier ressemble à un avertissement sans détour. Car derrière les statistiques, il y a des vies. Et pour les autorités, la sécurité routière ne doit plus être une fatalité, mais une discipline quotidienne… même pour les géants de la propreté qui sillonnent les rues d’Abidjan avant l’aube.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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