SANTÉ / Lutte contre le Paludisme : À Abidjan, une alliance inédite Civilo-Militaire pour traquer le moustique.
À Abidjan, la lutte contre le paludisme change de dimension. Depuis le lundi 11 mai 2026, la capitale économique ivoirienne accueille un atelier stratégique pas comme les autres : une cinquantaine d’experts civils et militaires, venus de dix pays africains, y conjuguent leurs expertises pour s’attaquer à un ennemi commun aussi discret que redoutable : le moustique.
À Abidjan, la lutte contre le paludisme change de dimension. Depuis le lundi 11 mai 2026, la capitale économique ivoirienne accueille un atelier stratégique pas comme les autres : une cinquantaine d’experts civils et militaires, venus de dix pays africains, y conjuguent leurs expertises pour s’attaquer à un ennemi commun aussi discret que redoutable : le moustique.
Organisée dans la commune de Marcory avec l’appui de l’United States Africa Command et l’U.S. Naval Forces Africa, cette formation de cinq jours en entomologie médicale vise un objectif clair : renforcer la surveillance scientifique et améliorer le contrôle des vecteurs responsables de la maladie. Mais derrière les microscopes et les analyses, c’est une véritable stratégie sécuritaire qui se dessine.
Car oui, le paludisme n’est plus seulement un enjeu sanitaire. Pour le médecin général de Brigade Traoré Amed, directeur de la santé et de l’action sociale des armées, il s’agit désormais d’un « impératif de préparation opérationnelle ». Sur le terrain, la maladie affaiblit les troupes, ralentit les missions et fragilise les dispositifs de sécurité.
Même constat du côté du médecin général de Brigade à la retraite Yao N’Dri Athanase, président de l’Africa malaria task forces (AMTF), qui insiste sur un point clé : mieux connaître les vecteurs, c’est anticiper les épidémies. Une approche scientifique indispensable pour un continent encore lourdement frappé par le fléau.
Du Burundi au Sénégal, en passant par le Ghana, le Libéria ou encore Madagascar, les délégations présentes partagent une ambition commune : bâtir une riposte régionale coordonnée, harmoniser les stratégies et créer un véritable réseau d’experts africains capables d’agir vite et efficacement.
Dans les salles de formation, entre échanges techniques et simulations de terrain, une conviction s’impose : la guerre contre le paludisme ne se gagnera pas seule. Elle exige une alliance forte, transversale, où militaires et civils parlent le même langage, celui de la science et de la prévention. À Abidjan, cette convergence des forces donne un signal fort. Car affaiblir le moustique, c’est aussi renforcer les États. Et dans cette bataille silencieuse, chaque avancée scientifique devient une victoire stratégique.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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