Diplomatie. Accra et Ouagadougou scellent une alliance stratégique contre la menace djihadiste.

Diplomatie. Accra et Ouagadougou scellent une alliance stratégique contre la menace djihadiste.

Le Ghana et le Burkina Faso resserrent les rangs face à la montée des violences dans la sous-région. À Ouagadougou, les deux pays ont conclu de nouveaux accords de coopération stratégique et sécuritaire, dans un contexte marqué par une recrudescence d’attaques djihadistes au nord du Burkina Faso.


Le Ghana et le Burkina Faso resserrent les rangs face à la montée des violences dans la sous-région. À Ouagadougou, les deux pays ont conclu de nouveaux accords de coopération stratégique et sécuritaire, dans un contexte marqué par une recrudescence d’attaques djihadistes au nord du Burkina Faso. L’annonce a été faite le 21 février 2026 à Accra, au Ghana, par le ministère ghanéen des Affaires étrangères, quelques jours seulement après une attaque meurtrière ayant coûté la vie à plusieurs civils, dont des ressortissants ghanéens.

En déplacement officiel dans la capitale burkinabè, le chef de la diplomatie ghanéenne Samuel Okudzeto Ablakwa s’est entretenu avec son homologue Karamoko Jean-Marie Traoré ainsi qu’avec le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coordination face à l’intensification des attaques armées qui frappent la région. Mi-février 2026, la ville de Titao a été la cible d’un assaut revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, organisation affiliée à Al-Qaïda. L’attaque a fait une dizaine de morts, dont sept commerçants ghanéens, ravivant les inquiétudes sur la vulnérabilité des zones frontalières.

Dans ce climat d’urgence sécuritaire, Accra et Ouagadougou ont acté un protocole de coopération transfrontalière et décidé de mettre en place une commission conjointe chargée de consolider la délimitation de leur frontière commune. Les deux États ont également convenu d’intensifier leur lutte contre le trafic de stupéfiants et d’améliorer les mécanismes d’alerte liés aux débordements du barrage de Bagré, dont les crues affectent régulièrement le nord du Ghana. À travers ces engagements, les autorités ghanéennes et burkinabè affichent une détermination commune à mutualiser leurs moyens et à apporter une réponse concertée aux défis sécuritaires et humanitaires qui fragilisent durablement l’Afrique de l’Ouest.